La Nouvelle-Zélande : L'île du nord
La Nouvelle-Zélande est un pays situé au sud du Pacifique sud, pas très loin de l'Antarctique. C'est un pays de la Polynésie, isolé géographiquement, la terre la plus proche est la Nouvelle-Calédonie à 1500km. Elle fait la moitié de la superficie de la France. Le pays est divisé en deux îles, l'île du nord et l'île du sud, comportant chacune des volcans et des glaciers, du chaud et du froid. Le pays compte 5,1 millions de néo-zélandais. Wellington, la capitale située sur l'île du nord, compte seulement 215 000 habitants. La plus grande ville, Auckland, elle aussi située sur l'île du nord, est peuplée de 1,7 millions d'habitants. S'il y a 5 millions d'habitants, il y a aussi 6 millions de vaches et 25 millions de moutons...
Le hollandais Abel Tasman est le premier explorateur européen à fouler l'île du nord en 1642. Plusieurs membres d'équipage ayant été tués par les maoris, ils ne sont jamais revenus... Ce n'est qu'en 1769, plus d'un siècle plus tard, que James Cook arriva à son tour. Des italiens et des français suivirent. Les français en ont profité pour massacrer des maoris dont je me demande bien de quoi ils étaient coupables... Devant l'intérêt croissant des français, les anglais se dépêchèrent de négocier avec les maoris, ce qui donna lieu à un traité qui fit de la Nouvelle-Zélande une colonie britannique en 1840 avec une large autonomie pour les maoris. Mais l'afflux de colons anglais confisquant les terres maories provoqua les "guerres maories" contre les anglais durant lesquelles les massacres firent passer la population indigène de 80 000 à 40 000 entre 1842 et 1872. La Nouvelle-Zélande est indépendante depuis 1947, c'est un pays du Commonwealth. Les maoris représentent 15% de la population, ils ont majoritairement rejoint les villes.
La Nouvelle-Zélande est un grand pays exportateur, de pétrole et de charbon dans le domaine des ressources naturelles. L'agriculture constitue la moitié des exportations (produits laitiers, viande, fruits, poissons, bois). Le pays est donc sensible aux cours internationaux des produits et s'expose à des récessions économiques. Le secteur du tourisme emploie 10% de la population. Mais c'est avant tout un pays rural, un pays de paysans, surtout des éleveurs, moutons et bœufs, beaucoup de chevaux aussi. Le niveau de vie est élevé, proche de celui de l'Australie. Le pays, et la ville d'Auckland, sont souvent cités parmi les endroits où il fait le mieux vivre.
Les langues officielles sont l'anglais, le maori...et la langue des signes (langue officielle depuis 2006). La monnaie est le dollar néo-zélandais. 50% des néo-zélandais se disent non croyants !
Auckland.
Auckland a été bâtie dans une baie, comme Sydney. Des ferries desservent différents endroits de la baie, comme à Sydney. Là s'arrête la comparaison. Mais Auckland est une ville agréable. Un centre ville à taille humaine, des gens cools, un climat parfait en ce bel été.
Si j'ai mangé des huîtres pour mon premier repas aux Fidji, j'ai mangé des moules pour mon premier repas en Nouvelle-Zélande. Des moules à la crème succulentes avec des frites et un petit blanc sec !

Une coiffeuse au travail et des jeunes femmes au musée. Vous remarquerez qu'elles sont asiatiques.
Dans les grandes villes je commence toujours par visiter un ou deux musées. C'est une bonne habitude que j'ai prise parce que j'aime les musées, ils sont la mémoire d'un peuple si c'est un musée ethnographique ou le reflet de l'intérêt pour l'art si c'est un musée d'art, contemporain ou pas.
En cela, l'Auckland Museum est remarquable. C'est tout d'abord un imposant temple néo classique à l'allure d'un temple grec. Il est divisé en quatre parties qui n'ont absolument rien à voir entre elles. Une partie consacrée à la Nouvelle-Zélande dans les deux guerres mondiales, une partie sur l'histoire naturelle avec des maquettes de dinosaures et de ptérosaures, une partie consacrée aux volcans, et la plus belle et la plus intéressante partie consacrée à l'histoire des maoris. Je vais seulement parler de cette dernière.
Il y a 5000 ans les îles du Pacifique n'étaient pas habitées. Les premiers explorateurs venus d'Asie du sud-est (Philippines et Indonésie) sont arrivés en pirogues à voile (!) aux îles Bismark, Salomon et Cook. Ils s'y installèrent. Ils se déplacèrent bien plus tard au Vanuatu, Fidji, Samoa et Tonga il y a 3000 ans. Ils s'y installèrent. Ils se déplacèrent à leur tour, il y a 1000 ans, vers l'Est jusqu'en Polynésie française. Ce sont les polynésiens qui naviguèrent vers le sud pour découvrir la Nouvelle-Zélande il y a seulement 800 ans. La Nouvelle-Zélande est donc le plus jeune pays du Pacifique, ils sont du coup polynésiens, comme les tahitiens. Ces peuples premiers sont les maoris. Chaque île à développé son propre langage avec des similitudes. L'art statuaire est la marque de fabrique de tous ces peuples premiers qui étaient sûrement peinards avant l'arrivée des colons européens, même s'il y avait des guerres tribales. (A noter que tous les pays énumérés ci-dessus ne portaient pas ces noms-là à l'époque de leurs conquêtes)
Une pirogue à voile d'explorateurs polynésiens.
Ici le visage d'un homme tatoué.
Le tatouage est une coutume ancienne dont l'origine du nom est polynésien. "Tatau" en tahitien signifie "marquer". Les tatouages étaient considérés comme une décoration, mais aussi
comme un langage. Les maoris se tatouaient pour se distinguer, affichant leur statut
social, leur rang, leur origine géographique, leur courage et leur pouvoir. Toutes ces informations étaient gravées
sur le visage (un moko) et le corps et constituaient une sorte de carte
d’identité pour chaque personne. J'en vois quelques uns mais j'avoue que j'ai des scrupules à les prendre en photo. Ci-dessous une photo exposée au musée.
L'histoire de tous ces peuples m'a beaucoup intéressé parce que je ne la connaissais pas. Ils étaient des guerriers valeureux, mais le nombre et la force des armes à feux des colons ont eu raison de leur résistance. Mais en Nouvelle-Zélande, la culture des maoris est encore bien présente, respectée, mise en valeur. Les musées sont bilingues anglais/maori par exemple, et les maoris ont une chaîne de télévision nationale et des stations de radios FM.
Auckland, comme toutes les grandes villes, possède plusieurs parcs, dont l'Albert Park avec ses deux serres de fleurs.
Je suis allé en ferry de l'autre côté de la baie, à Devonport. Je ne cache pas que Devonport a beaucoup d'atouts, j'ai beaucoup aimé.
C'est un village très chic d'Auckland, très calme, la population est âgée, des retraités aisés. Presque toutes les maisons sont en bois avec des bow-windows (ou oriels), ces fenêtres en avancée typiques des maisons anglaises.
En regardant la vitrine d'une agence immobilière (simple curiosité) j'ai constaté que beaucoup de maisons sont à vendre aux enchères. Il faut avoir un porte-feuille bien garni...
Outre les belles maisons cossues, l'atout principal de Devonport, ce sont ses plages.
Il y en a trois ou quatre, elles ne sont pas extraordinaires mais elles ont le mérite d'être là. Comme il faisait très beau, je me suis baigné (eau à 22°C). Ce qui permet en seulement 15mn de ferry et 15mn de marche, de profiter des joies de la plage. Je vous l'ai dit, Devonport, j'aime !
J'ai aimé les quatre jours passés à Auckland, une ville agréable à découvrir, une ville vraiment cool.
Une carte pour situer la Nouvelle-Zélande. Les principales villes sont Auckland, Wellington (la capitale) au nord, et Christchurch au sud.
Rotorua.
Rotorua est l'une des villes les plus touristiques du pays, située au bord du lac éponyme.
Mais qu'est-ce que c'est que ce décor. Non seulement c'est bizarre mais en plus ça sent les œufs pourris ! En d'autres termes ça sent le sulfure d'hydrogène. Rotorua est construite sur une zone géothermale. Le lac est un lac de cratère issu d'une éruption volcanique il y a 150 000 ans, la chambre magmatique s'est effondrée laissant place au lac. Il y a une forte activité souterraine provoquant des remontées de soufre, de sources chaudes, de boues bouillonnantes. Ci-dessus une zone du lac sulfurée, ci-dessous une zone qui ne l'est pas.
Les mouettes étaient un peu agressives, au contraire de ces petits oiseaux à la gorge orangée qui ont colonisé un arbre mort.
C'est une belle petite ville de 65 000 habitants avec un grand parc donnant sur les anciens bains chauds construits en 1908 ce qui commença à développer le tourisme. Un magnifique bâtiment ! C'est devenu un musée en 1969, fermé depuis 2016 parce qu'il ne répond par aux normes anti sismiques...
A deux kilomètres au sud de la ville, le village de Wakawerawera est habité par des maoris qui proposent de le visiter. Il faut payer bien sûr, c'est une mine d'or, les groupes de touristes se succèdent à longueur de journée. S'il y a autant de monde c'est parce que le village est construit sur une zone de sources d'eau chaude non sulfurée ce qui le rend habitable.
Ya pas idée d'habiter là ! C'est que les maoris exploitaient l'eau chaude notamment pour cuisiner directement sur des pierres chaudes, chose qui ne se fait plus, la gazinière à vu le jour et l'activité touristique est trop importante. Le village baigne en permanence dans une atmosphère de vapeur d'eaux chaudes.
L'eau des sources atteint 100°C. Pas question d'y faire trempette !
Le clou de la visite ce sont les geysers qui jaillissent de manière régulière, à peu près une fois toutes les heures. C'est l'infiltration d'une eau chauffée au contact d'une roche magmatique souterraine qui provoque de la vapeur d'eau en continu et qui, mise sous pression, jaillit vers la surface à intervalles réguliers.
Depuis Auckland je voyage en bus. Ils sont confortables et à l'heure. Une heure de bus suffit pour aller de Rotorua jusqu'à Taupo.
Taupo.
Taupo est au bord du plus grand lac du pays, le lac Taupo, à seulement 350m d'altitude. La ville est aussi à l'embouchure de la rivière Waikato qui alimente le lac.
C'est une ville très touristique, c'est le Chambéry néo-zélandais, avec beaucoup d'activités comme le parachute ascensionnel sur le lac, des balades en bateau bien sûr, du jetski, du kayak que j'ai pratiqué comme à mon habitude. Le lac justement, le voilà !
Une vue extraordinaire sur la chaîne des volcans du Parc National Tongariro !
Le Ruapehu à gauche est le plus élevé, il comporte les seuls glaciers de l'île du nord et les plus grandes pistes de ski. Le climat alpin permet le maintien des neiges éternelles. S'il n'est pas conique c'est à cause d'une éruption en 1953 qui provoqua son effondrement. Il y a un lac de cratère au sommet. Le Ngauruhoe au milieu est le seul qui a conservé sa forme conique très pentue. Il est couronné par un cratère qui est en fait la bouche éruptive (comme une cheminée) la plus élevée du massif. Le Tongariro à droite n'est plus conique à cause des multiples explosions passées. Il est composé de plusieurs petits cratères abritant des lacs. Tous ces volcans sont actifs et font l'objet d'une surveillance accrue. En hiver, tout le massif est enneigé. Me connaissant, vous pensez bien que je vais aller voir ça de plus près, histoire de me dégourdir les jambes...
Il y a eu une régate sur le lac ce jour-là.
Mon but maintenant est de faire quelques randonnées autour des volcans de l'île du nord. Je m'en approche et le bus ne permet pas d'y accéder facilement. Pour avoir une liberté de mouvement, j'ai décidé de louer une voiture pendant neuf jours de Taupo jusqu'à Wellington en passant par les volcans. J'espère avoir du beau temps.
Mon circuit sur l'île du nord (en bus de Auckland à Taupo et en voiture de Taupo à Wellington)
En route pour les volcans, les beaux paysages se succèdent, comme le lac Rotoaira et ses cygnes noirs au bec rouge.
Tongariro alpine crossing.
C'est la traversée du massif Tongariro. Une journée de marche de 7 heures avec un dénivelé positif de 800m. Je me suis installé deux jours à National Park, un tout petit village au pied des volcans. La vue est très belle en soirée.
Pour décourager les imprudents la randonnée est qualifiée de très difficile, il fait parait-il très froid et le stationnement sur les parkings est de seulement 4 heures pour éviter qu'il y ait trop de monde sur la rando. 100 000 randonneurs s'y rendent chaque année...Du coup j'ai dû prendre une navette payante à 7h du mat qui m'a déposé (moi et d'autres) au départ et elle venue nous chercher à l'arrivée, ce n'est pas une boucle. Attention les yeux !
J'ai déjà fait des ascensions de volcans en Amérique centrale, en Amérique du sud et en Indonésie, à chaque fois c'était des ascensions difficiles et périlleuses, alors qu'ici c'est une randonnée pas difficile et sans risque parmi les volcans. Après plus de deux heures de marche, le Ngauruhoe (2287m) se dresse devant moi dans toute sa majesté ! On ne va pas au sommet, il n'y a pas de chemin, c'est trop pentu, le terrain n'est pas praticable et c'est trop dangereux. On voit bien le chemin que j'ai emprunté qui traverse le plateau en diagonale au pied du volcan. De là je continue à monter jusqu'au sommet du Tongariro (1967m) d'où la vue est imprenable sur les Emerald lakes (les lacs émeraude). C'est le fond du cratère amoché avec ses lacs scintillants. C'est très accidenté, des roches volcaniques noires témoignent de l'activité volcanique. C'est dire le nombre d'explosions qu'il y a eu ici.
En me retournant, je vois le chemin parcouru depuis le sommet du Tongariro (pointu à droite), la descente raide et la traversée du plateau avant d'arriver au lac Bleu. On peut deviner la forme conique qu'il avait, il devait ressembler à son voisin le Ngauruhoe, ils devaient être jumeaux avant les explosions qui l'ont raboté.
Que dire ? Pas grand chose. Il faut contempler et prendre conscience de la chance d'être là, tout simplement. Je suis resté là pendant une heure, je ne voulais plus partir parce que c'est un paysage exceptionnel, unique au monde, et je ne reviendrai sûrement pas.
Quelle belle randonnée ! Forcément inoubliable.
En roulant en voiture dans la campagne j'ai remarqué que c'est vallonné d'une drôle de façon avec presque partout des collines bosselées. C'est vert et assez joli en cet fin d'été.
Wellington.
Wellington est la capitale du pays. Située à l'abri dans une immense baie, elle doit son nom au duc de Wellington, vainqueur de Napoléon à Waterloo...C'est une scène artistique avec musées, théâtres, orchestre symphonique et ballet national.
Comme le pays, la ville n'a pas un long passé. Il reste quand-même d'anciens immeubles de style colonial britannique, abritant le parlement et les administrations. Il y a de l'ancien et du moderne.
Je ne suis resté que deux jours et demi à Wellington où je n'ai pas fait grand chose à part me balader. J'ai passé une journée entière à l'hôtel à préparer la suite de mon voyage, l'après Nouvelle-Zélande, dans un mois. Là où je veux aller demande de l'anticipation, ça n'a pas été simple, j'ai acheté un billet d'avion, réservé des bateaux et des hébergements, pour ne pas me retrouver le bec dans l'eau. Ce serait du gâchis.
Pendant ce temps-là, les néo-zélandais passent du bon temps, sans savoir que je suis passé les voir, ici personne ne s'occupe de personne. Je voyage incognito, je suis transparent. Ça ne me gêne pas.
Je l'aurais bien ramené chez moi ce joli tableau maori !
Je prends ce dimanche le ferry pour l'île du sud, trois heures et demi de traversée Une autre aventure commence.










