La Nouvelle-Calédonie

La Nouvelle-Calédonie est un ensemble d'îles d'Océanie dans le Pacifique sud à 1200km de l'Australie et 1700km de la Nouvelle-Zélande. L'île est peuplée de 280 000 habitants dont 95 000 à Nouméa la capitale. L'île principale est appelée Grande Terre, longue de 400km et large de 60km. La Nouvelle-Calédonie comprend aussi plusieurs îles dont l'île des Pins au sud et les trois îles Loyauté à l'Est dans la mer de Corail (Ouvéa, Lifou et Maré). La barrière de corail est longue de 1600km.

La Nouvelle-Calédonie n'est pas un département d'outre-mer (DOM) ni un territoire (TOM) mais une collectivité d'outre-mer. Bon, je n'entre pas dans les subtilités institutionnelles de la France coloniale. C'est une colonie française depuis 1853. Les calédoniens d'origine sont les kanaks représentants 40% de la population, viennent ensuite les français appelés caldoches (25%), les métis (11%) puis des asiatiques et des personnes venant d'autres îles du Pacifique. La langue officielle est le français, la monnaie le franc pacifique. Presque tout étant importé, la vie est aussi chère qu'en Australie, voire plus chère.

En décembre 2021 a eu lieu le troisième référendum d'autodétermination (indépendance) de la Nouvelle-Calédonie. Le non l'a emporté pour la troisième fois avec 96,5% des suffrages (43% de participation). Les kanaks majoritairement indépendantistes ont boycotté la consultation, d'où l'ampleur du non...De fait la Nouvelle-Calédonie reste française avec un fort degré d'autonomie.

La Nouvelle-Calédonie est le territoire français le plus éloigné de la métropole à 17500km à vol d'oiseau. Tahiti est à 15800km.

Nouméa.

C'est la plus grande ville francophone d'Océanie devant Papeete. Son premier nom fut Port-de-France, Nouméa depuis 1866. La ville a été construite au sud de la Grande Terre au bord de la mer sur une presqu'île découpée en plusieurs baies.

Le mouillage de la baie de l'Orphelinat et sa marina.

 

La plage de la baie des Citrons avec son filet anti requins. Une dizaine d'attaques de requins en cinq ans ont causé la mort de 7 personnes. Ce filet a été installé le 5 décembre deux jours avant mon arrivée. La baie des Citrons est l'endroit le plus sympa et le plus animé de la ville à 10mn en bus du centre.

Mais j'ai préféré la plage de Kuendu qui a l'avantage d'être en dehors de la ville, à 20mn en bus.
 
 
 A part ça il n'y a pas de raison de s'attarder en ville. Donc direction l'île des Pins.

L'Île des Pins.

A 2h30mn de ferry de Nouméa, au sud-est. Rien ne vaut une carte pour comprendre (cliquez dessus pour l'agrandir)

Si vous voulez voir la mer dans tous ses beaux états, venez les yeux fermés à l'Île des Pins. C'est magnifique !

Les kanaks ne manquent pas d'humour !

 
L'île des Pins doit son nom à la présence de pins colonnaires pouvant atteindre 60m de haut. C'est un bel arbre de la famille des araucarias que j'ai pu voir en Australie, mais aussi au Chili. Ci-dessous ils sont bien plus grands que les palmiers.
 

Je suis arrivé sur l'île en ferry, le Betico2. On arrive de suite sur deux plages qui se tournent le dos, formant un x. La plage Kunamera et la plage de Kuto. Ici la plage de Kuto, grande, de sable blanc, formant un beau croissant.


Il n'y a que trois rotations par semaine pour venir en ferry sur l'île, le mardi, le samedi et le dimanche. Ce qui fait qu'il n'y a pas beaucoup de touristes. J'y suis resté 4 jours, je me suis régalé. Quand allongé sur le sable je vois des palmiers sur fond de ciel bleu, le bonheur n'est pas loin ! Il fait 30°C tous les jours.

 
C'est une île de 2700 habitants, tous kanaks, répartis en plusieurs tribus. J'étais logé chez l'habitant pendant trois jours, chez Jacques et Rose-Marie et leur fils Célestin. C'était sommaire, rustique mais j'aime la rusticité quand je voyage donc pas de problème, c'était bien. 
Si l'île des Pins est belle c'est surtout dû à la Baie d'Upi. Une merveille de la nature !
 

J'ai fait une excursion en pirogue à voile dans une baie splendide, je n'en ai pas vu beaucoup d'aussi belles dans le monde. Elle me rappelle la baie d'émeraude dans le nord de Madagascar, mais ici c'est encore plus beau.
 

La Baie d'Upi. Les images se passent de commentaires...


Je ne m'attendais pas à voir un décor naturel aussi beau et aussi bien préservé.


C'est en France !
 

Après 2 heures de navigation dans ce paradis sur mer, il faut marcher une grosse demi heure pour rejoindre la piscine naturelle, à deux pas de la mer. Une piscine naturelle dominée par de gigantesques pins colonnaires. L'eau est transparente, c'est d'une beauté !

En poursuivant, marchant quinze minutes dans le lit d'une rivière de sable à marée basse, j'arrive dans la baie d'Oro. Splendide ! 

Tortues et raies sont là, à fleur d'eau, une eau si claire et peu profonde qu'on voit tout sans porter de masque, il suffit de marcher dans l'eau à leur rencontre. 

La journée s'est terminée par une petite gourmandise, un repas de langoustes grillées...Miam miam !

Et une bière bien fraîche au Méridien, l'un des plus luxueux resorts de la Nouvelle-Calédonie.

Eh ben je ne m'attendais pas à ça. Quelle belle journée !

 

Je voulais enchainer en allant sur l'île de Lifou mais le ferry était complet en ce premier week-end de vacances d'été avant Noël. Je n'ai pas voulu prendre l'avion, donc pas de Lifou à mon grand regret.

J'ai dit en quittant l'Australie que je voulais quelque chose de différent. Alors j'ai loué une voiture pendant 12 jours pour partir à la découverte de la grande île, la Grande Terre ou le Caillou comme on l'appelle ici. Non seulement en voiture mais aussi en camping ! Il n'y a pas beaucoup d'hôtels ou alors ils sont chers, voire très chers. Alors le camping est très développé, presque tout le monde à sa toile de tente et beaucoup de familles campent, les campings sont nombreux, presque tous au bord de la mer.


Le Grand Sud.

Le pays de la terre rouge ! A 75km au sud est de Nouméa. La terre rouge c'est la latérite, rouge parce que riche en fer qui contient aussi du nickel et du cobalt. Il y a donc des mines et une grosse usine hydrométallurgique pour le raffinage.

Je suis tombé sous le charme de cette région unique. L'environnement est incroyable !

 
Un barrage inauguré en 1959 est à l'origine du lac de Yaté, d'une superficie de 40km². En plein été et après une année sans pluie le niveau de l'eau est bas. Le lac s'est transformé en une succession de petits lacs séparés par des bandes de terre rouge. 
 

C'est une région montagneuse recouverte de maquis riche en plantes et arbustes endémiques. D'où la couleur verte des montagnes. Là où il n'y a pas de maquis, la terre rouge colore le paysage.
 
 
Je n'avais encore jamais vu quelque chose de semblable, c'est une région grandiose par sa superficie et par son originalité géologique. Ma petite voiture bleue est bien insignifiante dans ce beau décor.
 

Le maquis c'est la pépinière de la région traversée par les lacs et quelques cours d'eau. Les petites cascades propices à la baignade sont nombreuses...
 
 
 ...et les fleurs exotiques sont visibles si on prend la peine de cheminer le long des chemins botaniques aménagés et agrémentés de panneaux instructifs.
 

 Mais j'ai par dessus tout aimé le Parc Provincial de la Rivière Bleue.


Un parc qui n'est pas sans rappeler la Namibie. Un énorme parc de montagnes, de maquis, de lacs, de rivières, de forêts noyées, de terre rouge. On peut admirer tout cela en parcourant les nombreux chemins de randonnée et les pistes VTT. Le problème a été la chaleur, plus de 40°C sous le cagnard ! J'ai quand-même randonné pendant trois heures seul dans un décor féérique, me perdant parmi les pistes se croisant et se recroisant. Je suis tout de même arrivé là où je voulais : la forêt noyée. Noyée depuis la construction du barrage.


Un pur joyau dans les méandres du lit de la rivière originelle.
 
 
C'est tellement beau que je suis resté là longtemps en contemplation à rôtir au soleil, ma peau étrangement rougie comme la terre. Il n'y avait personne, toute cette beauté n'était que pour moi. Un grand moment !


 

Poé.

 

A l'ombre d'un frangipanier dans le camping de Poé (sur la commune de Bourail) sur la côte ouest à 200 km au nord de Nouméa par grand beau temps. C'est bien simple, il fait beau et chaud tous les jours. Il y a beaucoup de campings autour de l'île, certains louant des tentes, c'est là que je m'installe après les avoir contactés et réservé. Ça ne coûte pas cher et c'est cool !

La plage de Poé et le lagon.

Les chemins de randonnée ne manquent pas en Nouvelle-Calédonie, le problème c'est la chaleur. Comme il fait jour à 5 heures du mat' je suis souvent debout à 6 heures ! Un petit-déjeuner et c'est parti pour découvrir les environs de Poé. Si on ne marche pas on ne découvre pas, c'est en marchant qu'on tire le mieux la quintessence d'un lieu.

Les chemins offrent des paysages côtiers de toute beauté ainsi que, côté terre, des montagnes de faible altitude, moins de 1000m ici.

Au lieu-dit la Roche Percée, "le Bonhomme" veille.


Le même "Bonhomme" vu de la baie des tortues.


C'est dans cette baie que des tortues viennent pondre le soir à la période de reproduction. C'est une belle plage où je me suis baigné, pas longtemps car il y avait du courant, c'était dangereux.

J'ai fait bien sûr une sortie snorkeling dans le lagon, avec une briéronne installée ici et qui a son zodiac. C'était super, des poissons classiques bien sûr, mais aussi des raies pastenagues et un requin pointe blanche. Mais ce que j'ai le plus apprécié c'est la qualité des coraux. C'est coloré, très bien préservé, d'une grande beauté, je me suis régalé pendant une heure dans une eau à 27°C ! Et Émilie la briéronne a pris des photos avec sa GoPro.

Le poisson clown ci-dessus a une relation fusionnelle avec les anémones de mer ! Ci-dessous un requin pointe blanche. Il n'est pas dangereux...

 

Me voici en présence d'un tricot rayé, un serpent de mer au venin mortel, mais il n'est pas dangereux si on ne le dérange pas.


Le monde du silence est magique !

 

Quittant Poé, j'ai traversé l'île d'ouest en est et je suis remonté au nord jusqu'à Hienghène. De beaux paysages m'ont fait m'arrêter plusieurs fois en route pour apprécier.

 

Plusieurs rivières trouvent leurs sources au centre de l'île, dans les hauteurs. La route côtière est ponctuée de plusieurs ponts aux embouchures dont ce vieux pont arachnéen très photogénique qui mériterait toutefois un meilleur entretien.

Les villages n'ont pas de noms à proprement dit, ils portent le nom de la tribu qui y habite. Un village baptisé Koulnoué est habité par la tribu Koulnoué, il en va ainsi dans toute l'île. Les plus gros villages ont leur chapelle (religion catholique)
 

Beaucoup d'ilots sont dispersés dans le lagon le long des côtes, des ilots non habités, plantés d'arbres et entourés d'une plage de sable blanc. Certains sont accessibles en excursion pour faire du snorkeling.


 Je ne vous cache pas que tout ça est très beau et très plaisant. J'avais hâte d'arriver à Hienghène. 

Hienghène.


Des paysages époustouflants ! 

Des grandes falaises de calcaire se dressent au bord de la mer, une côte déchiquetée avec plusieurs bras de mer comme ci-dessus. J'ai pratiqué des heures de kayak sous un soleil de plomb jusqu'à en avoir mal à la tête tellement il faisait chaud et humide.

 

Ces falaises de calcaire noir ont la forme que notre imagination veut bien leur donner. Mais la star incontournable à la forme spécifique, c'est elle !

La poule couveuse ! C'est encore plus évident sous cet angle.


Elle est étonnante, n'est-ce pas !
Hienghène est donc un village touristique...sans touristes, ou si peu. C'est le grand avantage de la Nouvelle-Calédonie, c'est l'antithèse du surtourisme. C'est un village paisible. J'ai alterné , deux nuits chez l'habitant en tribu et deux nuits en camping. Le 23 décembre avait lieu le marché de Noël, un petit marché pour les habitants du village et des environs.

J'ai rencontré quatre charmantes dames kanaks revenant du marché alors que je revenais de faire du kayak. Elles ont pris plaisir à prendre la pose. Leurs belles robes traditionnelles ont été confectionnées par Raïssa, la dame à gauche sur la photo.


J'ai donc dormi chez Bernadette de la tribu Werap. Une chambre sommaire dans une case traditionnelle. Pour moi c'est parfait, je devais rester une nuit, je suis resté deux nuits. 


Cafards et araignées m'ont tenu compagnie, ce n'est pas toujours agréable mais comme je suis un bon dormeur je ne sais pas toujours qui dort avec moi...

La cascade de Tao se dresse au cœur d'une végétation luxuriante et sauvage. Haute de 200m, sa rivière se jette dans la mer proche. la rivière Tao prend sa source au cœur du mont Panié, le point le plus haut de Nouvelle-Calédonie avec ses 1629m. Elle forme plusieurs chutes étagées impressionnantes. Une courte marche d'une demi heure permet d'atteindre la plus grande chute où la baignade est agréable dans une eau même pas fraîche.

 La route serpente en corniche le long de la mer, offrant de beaux points de vue.

La rivière Ouaième est la seule qui n'est pas enjambée par un pont. Il faut prendre un bac...Un JP échaudé en valant deux, je suis monté sur le bac avec la voiture et cette fois je suis resté dedans. J'ai même gardé ma ceinture de sécurité pour ne pas m'échapper...

 
Le drapeau des indépendantistes. On le voit partout, il a en son centre une faitière que l'on retrouve au sommet des cases traditionnelles des chefs de villages.

 
Le dernier jour à Hienghène je suis allé faire du snorkeling en bateau sur un ilot. Il y avait une petite houle de fond mais c'était néanmoins correct sans être exceptionnel (pas de photos cette fois)
 
Le temps était splendide et la couleur de l'eau...On croit même pas que ça peut exister si on ne le voit pas de ses propres yeux.
 

Si le bateau vous dérange, voici une photo totalement nature. C'est incroyablement beau !


La Nouvelle-Calédonie n'a cessé de me surprendre. C'est une très belle île où je me suis beaucoup plu. C'est chaleureux et les kanaks sont vraiment des gens charmants.
Il a fait très chaud, jusqu'à 38°C la semaine de Noël et 80% d'humidité. Des records de chaleur ont été battus pour un mois de décembre.

J'ai eu un véritable coup de cœur pour la Nouvelle-Calédonie. Un joyau du Pacifique !

C'est d'ici que je vous souhaite une bonne et heureuse année 2024.

Je trinque à votre santé. Yec'hed mat !

 Prochaine destination, toujours dans le Pacifique : le Vanuatu.


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