Les Îles Fidji (Fiji en anglais et en fidjien) comptent environ 300 îles (dont 1/3 sont habitées) peuplées de près d'un million de fidjiens*. Ils sont mélanésiens. La capitale, Suva, compte 100 000 habitants. Le pays est indépendant du Royaume-Uni depuis 1970 et fait parti du Commonwealth, d'où la présence de l'Union Jack sur le drapeau national. Les langues officielles sont l'anglais, le fidjien et l'hindou fidjien du fait d'une importante diaspora indienne venue aux Fidji au XIXè siècle pour travailler dans les plantations de canne à sucre. *Ce qui fait que les fidjiens ne représentent que 60% de la population de leur pays pour 40% d'indiens presque tous nés ici. Les indiens nés aux Fidji sont fidjiens. Tous les chauffeurs de bus et de taxi sont d'origine indienne, on les retrouvent aussi dans les commerces. Le gouvernement issu des élections de 1987 était dominé par la communauté indienne. Un coup d'état eut lieu rapidement, une instabilité s'en est suivie, aujourd'hui le pouvoir est revenu aux mains des fidjiens. Politiquement la cohabitation est compliquée. Les fidjiens sont majoritairement protestants, les indiens sont majoritairement hindous et minoritairement musulmans.
L'industrie sucrière domine l'activité industrielle. Le pays est le premier producteur et exportateur de coraux, ceux-ci sont cultivés et exportés dans les pays où ils sont menacés d'extinction. Le tourisme est assez développé, dominé par les australiens. La monnaie est le dollar fidjien. Il a de particulier un billet de 7 dollars, le seul pays à avoir un billet de 7. La raison est rugbistique ! Les fidjiens ont remporté la médaille d'or du rugby à 7 aux jeux olympiques de Rio en 2016 et de Tokyo en 2020 et les fidjiennes la médaille de bronze à Tokyo. Ils ont aussitôt émis un billet de 7 dollars pour commémorer l'évènement... Les îles Fidji sont une grande nation de rugby.
Nadi.
Si Suva est la capitale, l'aéroport international est à Nadi, une ville côtière à 200km au nord ouest. 45 000 habitants, une ville quelconque qui a quand-même l'avantage d'être le point de départ pour les îles Yasawa qui ne sont pas loin, légèrement au nord.
Le marché de Nadi est bien alimenté en fruits et légumes locaux.
Pommes, oranges et raisins ne manquent pas. Mais ils sont importés des États-Unis...
Le "Parcoursup" fidjien ! Inscriptions à l'Université du Pacifique Sud dans une galerie marchande une semaine avant les cours. Pourquoi faire compliqué...
La ville de Nadi est vraiment quelconque. Il faut aller au port de Denarau à 5km, 10mn en bus, le lieu touristique à l'extérieur de la ville.
Restaurants au bord de l'eau, marchands de glaces, boutiques de vêtements et de souvenirs font la joie des australiens gros consommateurs, surtout quand un paquebot accoste comme c'est souvent le cas en cette période estivale dans le Pacifique.
C'est le secteur résidentiel avec de beaux appartements et des villas avec le bateau qui mouille au ponton juste devant. Nombreux sont les australiens a posséder une résidence secondaire aux Fidji.
Un Radisson Blue, un Sofitel, un Sheraton et un Hilton (rien que ça !) ont privatisé la plage de sable gris. On peut quand-même accéder à la plage où la couleur de l'eau n'incite pas à la baignade, d'ailleurs personne ne s'y baigne, les clients australiens des resorts sont lovés au bord des piscines.
Les environs sont arborés de superbes palmiers et de flamboyants en fleurs. C'est le golf !
C'est au port de Denarau que j'ai mangé mes premières huîtres depuis mon départ il y a maintenant plus de 4 mois. De grosses huîtres charnues, bien en chair, mais pas laiteuses, elles étaient vraiment bonnes, accompagnées d'un bon sauvignon blanc australien. Miam Miam !
Quand aux boutiques de fringues, c'est Hawaï ! C'est plus que coloré. Messieurs, si vous voulez une chemisette, passez commande, mais il faudra oser la porter...
Les îles Yasawa.
C'est un ensemble d'environ 90 îles et îlots en enfilade au nord de Nadi (voir la carte plus haut). Elles sont toutes accessibles en bateau rapide qui fait la navette aller-retour tous les jours, comme un bateau-taxi. Le principe est simple. Sur le site de réservation en ligne, tous les hébergements sont répertoriés (une cinquantaine). On sélectionne où on veut loger, on paie en conséquence, et le bateau nous y dépose, ce qui fait que les arrêts sont fréquents mais rapides, il faut être prêt à débarquer ou embarquer (au retour) sur les barques à moteur (le bateau n'accoste pas) envoyées par les hébergements, et le bateau repart aussitôt.
En route nous avons déposé des touristes sur différentes îles. Le temps était couvert et les paysages étaient montagneux, beaux et énigmatiques sous un ciel menaçant.
Les Îles Fidji sont des îles d'origine volcanique, comme le Vanuatu, mais pas la Nouvelle-Calédonie. Cela mérite une petite explication en terme de géologie.
Une île d'origine volcanique apparait à la suite d'une éruption volcanique sous-marine. Le soulèvement de la croûte terrestre (composée de la croûte continentale mais aussi de la croûte océanique) provoque un émergement du volcan dont la partie émergée devient une île. Sa grandeur dépend de la puissance de l'éruption et de la quantité de lave qui s'est étalée. Si les îles fidjiennes et vanuataises sont nombreuses, c'est tout simplement dû à l'intensité et la multiplicité des éruptions à la fin de l'ère tertiaire (il y a environ 2,5 millions d'années). Alors pourquoi la Nouvelle-Calédonie toute proche n'est-elle pas d'origine volcanique ? Tout simplement parce que c'est une partie détachée de l'Australie il y a des millions d'années.

Les îles sont en basalte, une roche noire très dure, issue du contact du magma en fusion avec l'eau et l'air lors d'une éruption. Au fil des siècles, une végétation type brousse s'est développée. Il n'y a pas de grands arbres mis à part les cocotiers sur les plages et quelques arbres fruitiers (bananiers, papayers, manguiers) et des arbres à fleurs (frangipaniers, flamboyants)
On peut très bien imaginer en voyant ces photos ce qui s'est passé il y a 2,5 millions d'années. Il a dû faire très chaud dans le coin !!!
Premier stop au sud des Yasawa, sur l'île Waya Lailai. J'ai été accueilli en chanson, c'est bien la première fois. Quel accueil sympathique !
J'étais hébergé dans une structure villageoise, un hébergement simple, en pension complète, comme presque partout sur ces îles. Que je mange ou pas, je paie. C'est un principe imposé un peu abusif, les écarts de prix vont du simple au double, c'est un critère de choix au moment de réserver.
Voici la vue de mon hébergement vu d'en haut lors d'une ascension d'un piton rocheux en basalte. Il est situé dans la partie dégagée, le grand toit bleu abrite les cuisines et le restaurant. Le village étant dissimulé dans la végétation à droite.
C'est un petit village de quelques âmes, tranquille, d'allure pauvre. Mais qu'on ne s'y trompe pas, soit ils sont employés au lodge, soit certains (les jeunes) sont en Australie et ramènent de l'argent aux familles.
Des musiciens chanteurs accompagnent tous les repas. C'est de la musique douce créant une belle atmosphère, c'est souvent mélodieux, et ça dépayse.
Les fidjiens sont aussi sympathiques que les ni-vans du Vanuatu. C'est un peu différent, mais avec le même sens de la relation, et une bonne humeur superbement incarnée par Una, une jeune fille travaillant au lodge.
Deuxième stop au nord, sur l'île de Nacula (voir la carte plus haut)
Oarsman's Bay Lodge, tout blanc et bleu avec ses petits bungalows au bord de l'eau. J'ai été accueilli en musique ici aussi. Le personnel est charmant et d'une extrême gentillesse.
Je suis resté trois jours dans ce très bel endroit. Le salon et le restaurant avec la vue sur mer sont confortables et agréables.
Juste à 100m à gauche du lodge un tombant permet de découvrir la faune sous-marine en snorkeling d'une belle qualité, beaucoup de poissons différents. J'ai vu ici des poissons que je n'avais jamais vus auparavant. Malheureusement ce n'est pas la saison des baleines ni des raies mantas. Quelques heures de kayak aussi bien sûr que je ne manque pas de faire quand l'occasion se présente, avec un kayak prêté par l'établissement.
La vue juste devant le salon. Comment pourrais-je me lasser de ça !
J'ai fait une petite excursion sur un îlot voisin pour admirer une beauté naturelle,
la grotte Sawa-I-Lau. A 20m de la mer sans communiquer avec elle, la grotte renferme un petit lac bleu d'eau fraîche qui fait du bien par cette chaleur. Les parois présentent des teintes marbrées. Une curiosité géologique à voir.
La sortie en mer m'a permis de voir la diversité des paysages des îles Yasawa.
Une petite randonnée de deux heures sous le cagnard sur les hauteurs permet d'avoir un bel aperçu de là où j'étais. Le lodge est en bas où on aperçoit de loin les toits blancs.
Les Îles Fidji sont le pays du Bula ! Tout le monde dit Bula. Le matin, l'après-midi, le soir. Bula, Bula, Bula, j'entends l'expression à longueur de journée. Tout le monde le dit à tout le monde, même lorsque l'on ne se connait pas. Sur les tee-shirts, les casquettes, les mugs, les paillassons, partout Bula, Bula, Bula.
Ça veut tout simplement dire "Bonjour" ou "Salut" mais aussi "Bienvenue"
Presque toutes les femmes s'embellissent en portant une fleur à une seule oreille, pas deux.
Il y a des journées bénies par les dieux. C'est quand je ne m'y attends pas que ça arrive sans avoir formulé un vœu et sans croire en dieu. Voici donc la vue qui s'étend du lodge sur une mer calme, sous une forte chaleur. Je mentirais en disant que je vois ça tous les jours, mais c'est un paysage commun à mes yeux.
C'est beau, très beau, mais pas paradisiaque comme peuvent l'être les îles San Blas au Panama par exemple.
Mais quand-même, quand Dame Nature veut bien se donner la peine, un paysage commun le jour peut devenir exceptionnel le soir quand le ciel s'embrase... Grandiose à donner des frissons !
En ces moments de grâce éphémères, j'aimerais que le temps s'arrête. Mais il n'y a rien à faire, le temps passe inexorablement. Demain, aujourd'hui sera hier...
Les îles Yasawa sont très belles lorsqu'il fait beau et chaud. Ça c'était la première semaine et c'était bien, j'étais très content des Fidji.
La deuxième semaine je suis revenu sur la grande île et il a beaucoup plu, tous les jours. J'ai ramassé des saucées tropicales. Tout trempé des pieds à la tête et avec 90% d'humidité rien de sèche. Et tout finit par prendre des mauvaises odeurs. Du coup je n'ai rien fait de bien et j'étais moins content...
Sous mon arbre préféré, à condition ne pas être assommé par un coco !...
Le Vanuatu et les Fidji ne m'ont pas fait oublier la Nouvelle-Calédonie !
Prochaine destination : la Nouvelle-Zélande.
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